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Pierre Establet - Réflexions et projection

La déshérence idéologique structurée, terreau infertile.

10 Janvier 2021 , Rédigé par Pierre Establet

Crédit "Challenge"

J'écoutais Corine Pelluchon sur Inter, hier matin. Pendant le temps, comme un pied de nez à tant d'intelligence, Trump faisait un caprice de plus. On venait de commémorer (discrètement) la mort de François Mitterrand, l'un des derniers hommes politiques ayant eu une vision idéologique ancrée dans l'humanisme issue des lumières. 

J'ai, devant moi, le portait de Mandela, celui de Stephane Hessel, celui de Barak Obama, la Une de Libé concernant la fin de la peine de mort, du combat d'Hannah Arendt puis de Robert Badinter. En 2021, on fêtera les 40 ans de cette abolition. Si on y arrive. 

La crise Covid, la crise climatique, la crise économique, la crise médiatique, la crise des exilés, l'envahissement du Capitole, sont les symptômes, douloureux, mortels, de la déliquescence du terrain idéologique laissé en friche stérile depuis des décennies.

Pour filer la métaphore, un terrain en friche peut favoriser le développement de formes endogènes de régénérescences, mais, bien plus souvent, se laisse envahir de ronces, de mauvaises herbes, de piquants orties.

Que sont devenues les confrontations intellectuelles, politiques, économiques, historiques, structurées, argumentées ? Quel poids pèsent-elles fasse  à l'immédiateté des pseudo réseaux sociaux ? Des 140 signes d'un Tweet ?

A la confrontation, se substitue, petit à petit, insidieusement, l'affrontement, l'invective, la vindicte, laissant peu de place au débat rationnel, engagé. 

L'absence de recul des positions médiatisées de certains chroniqueurs, établi sans validation scientifique, comme expert, de rien, de tout, stérilise les exigences intellectuelles, qui, pourtant existent, comme le prouve l'excellent livre de Corine Pelluchon.

Pourtant, de ce terreau en friche, on pourrait réinventer l'humanisme, de nouvelles conquêtes, de nouveaux projets collectifs, qui intègrent les urgences, mais qui projètent, au delà des replis identitaires et communautaires, une vision sociale bienveillante et rieuse.

Nous disposons de tous les outils : l'accès à la connaissance, le recul historique, les technologies, une capacité d'anticipation des réalités, les transmissions intergénérationnelles.

Nous disposons de tous les atouts : une richesse accumulée jamais atteinte jusque-là, des institutions qui semblent robustes, des humains de mieux en mieux formés, partout.

Nous avons les pistes : la biodiversité, le bien-être animal, la bienveillance, la relation entre les générations, la solidarité entre les riches et les pauvres, la maîtrise du temps long, le reconstruction d'une économie solidaire et ancrée dans les territoires.

Nous disposons des handicaps, formidables leviers de solidarité, qui doivent nous servir de guides et de garde-fous, Covid, les exilés noyés dans le Club Med, les expériences Trump, Bolsonaro, Poutine, Erdogan, Xi Jinping, Orban, le réchauffement climatique avéré.

Ralentir le temps politicien pour donner du temps politique, c'est ce que j'espérais en votant Macron. Un administrateur, donnant 5 ans de réflexions, afin de faire émerger cette confrontation idéologique nécessaire.

J'espère qu'il est encore temps.

 

 

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