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Pierre Establet - Réflexions et projection
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Du revenu universel au revenu citoyen et durable

31 Octobre 2019 , Rédigé par Pierre Establet

A lire tous les travaux des économistes, hétérodoxes ou orthodoxes, la répartition des richesses produites par la croissance se concentre de plus en plus vers une minorité de personne, tandis que la croissance de la population paupérisée grandit.

 

Cela n’est tout simplement plus soutenable : les crises sociales au Chili, en Argentine, au Venezuela, en Grèce, en Bolivie, au Liban, mais aussi l’arrivée des populistes dans des pays comme les Etats Unis, la Hongrie, le Royaume Uni, leur montée en puissance en Italie, en France en Hollande, en Allemagne, en Autriche, conjointement à la masse des réfugiés fuyant soit la guerre soit la misère va engendrer un espace de violence sociale, que la non adaptation au changement climatique renforcera.

 

Il n’existera pas avant longtemps de solution globale, à l’échelle de la planète, mais il est possible d’inventer une solution locale, à l’échelle de notre pays, en se fondant sur l’idée que Benoit Hamon avait proposée lors de l’élection Présidentielle de 2017 : un revenu universel, citoyen et durable.

 

Universel : tout le monde le touchera, chaque citoyen. Citoyen : parce que ce revenu induira un comportement d’obligation de déclarer ses impôts sur le revenu en France ; et durable, parce qu’il sera vertueux par sa modernité et par la logique de son financement et privilégiera les circuits courts.

 

Son fonctionnement relèverait du principe de la "carte bleue", adossée à un GIE, dont le Conseil d’Administration représenterait toutes les composantes sociales de nos institutions (organismes de financement social, syndicats, fédérations professionnelles, élus, citoyens tirés au sort, représentant du monde associatif, …) et serait placé sous le contrôle du Conseil Economique et Environnemental.

 

Le principe est simple : définir un seuil commun de besoins (communication, alimentation, énergie, déplacements, culture, loisirs, …), établi en Mega Octet pour les communications, CO2 pour les déplacements, calories pour l’alimentation, etc.. pour chaque poste. Chaque citoyen recevra tous les mois l’équivalent pour chacun des postes, libre à lui d’en consommer moins (et de capitaliser son économie) ou plus.

 

S’il en consomme plus, alors, des taxes seront imposées, selon le principe de la progressivité, au fur et à mesure que sa consommation augmente. Ainsi, le système se financera de lui même et/ou incitera les citoyens à consommer de façon responsable. 

 

Cette approche imposera de revoir nos taux de TVA (très injustes, étant donné que riche ou pauvre payent la même part de TVA sur leur besoins vitaux).

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Sans projet collectif : le repli identitaire s'amplifie

9 Septembre 2019 , Rédigé par Pierre Establet

Un juste parmi les justes, dont le portrait a été lacéré par un de ces représentants antisémites qui condamnent la raison.

Un juste parmi les justes, dont le portrait a été lacéré par un de ces représentants antisémites qui condamnent la raison.

J'avais publié cette tribune dans le Nouvel Obs en 2013. 6 ans après, nos leaders d'opinion(s), dirigeants politiques, intellectuels, militants associatifs, humanistes et engagés sont toujours en quête d'une nouvelle référence collective. Un projet de vie. Ecologiste, social, humaniste, conquérant de nouveaux droits et bienveillant. Mais les egos sont là et face à ces egos, qui gagne ? Bolsonaro, Salvini, Orban, Trump, Jonhson,... Des populistes à courte vue. De dangereux apprentis sorciers. En face d'eux des technocrates, des gestionnaires, des banquiers.

 

Et les enjeux s'amplifient avec le changement climatique, la captation par une toute petite minorité de l'ensemble des richesses de la planète, la faible redistribution de ces richesses vers ceux qui en ont besoin. Les réponses sont des murs : En béton, en indifférence, en repli sur soi. 

Ces murs ne tiendront pas, mais à quel prix ? Combien de corps jonchent le fond de notre Méditerranée ? Combien au Soudan, au Sahel, en Erytrhée ? 

 

Au premier des séismes qui ont ensanglanté le monde durant presque 50 ans, notre arrière-grand-père paternel, italien, donnait sa vie pour la France. Il fuyait la misère italienne et laissait notre grand-mère, à cinq ans, être recueillie par son grand-père, anglais. 

 

À quatorze ans, cette toute jeune fille trouva son salut chez Simca, comme secrétaire, puis dans sa rencontre avec notre grand-père, mis à la porte à 14 ans de sa ferme des Basses-Alpes par son capitaine de père, qui préférait la bagatelle à la responsabilité. C’était le début des Guerres.

 

Les destins croisés de mes deux grand-pères

 

Durant la première des deux, un de nos arrière-grand-pères maternels recueillait dans sa ferme du Vaucluse, à 50 kilomètres de Carpentras, un prisonnier allemand, qui ainsi put rentrer chez lui, vivant et heureux, à la fin.

 

Durant celle qui suivit, le fils de cet aïeul, capturé par les Allemands, était à son tour accueilli dans la famille de cet ancien pensionnaire. Et libéré vivant et heureux. Sans haine. Ils auraient tout deux pu illustrer les vers de Brassens.

 

Après cette guerre, notre grand-père paternel, résistant, militant de gauche, même pas titulaire de son certificat d’étude, rentrera comme commis à l’hôpital de Nice. À Nice, où il résistait, sans le savoir, aux côtés de notre grand-père maternel, de droite.

 

Le grand-père paternel prendra sa retraite comme directeur de l’hôpital de Montluçon, à 50 kilomètres de Michelin, qui embauchait à tour de bras des travailleurs turcs, contre des promesses jamais tenues.

 

Notre autre grand-père, fils de négociant en matériaux du Vaucluse, devenu pharmacien, n’eut pas le temps de profiter de la retraite : il mourût d’une crise cardiaque, à 68 ans, en achetant une pièce de monnaie ancienne, grecque, à 50 kilomètres de Toulon.

 

Une famille où les étrangers sont des hôtes

 

Aujourd’hui, cent ans plus tard, nos parents, filles et fils de ces ancêtres, devenus dentiste, ingénieurs, chercheur, professeurs, sont toujours habités par l’accueil, l’écoute, la rencontre et le partage. Leurs enfants, nous, issus du mélange de pays aux frontières récentes, sont mariés à d’autres enfants du monde.

 

Leurs dix-sept petits enfants, nos enfants, sont donc français ; en même temps que russe, norvégien, irlandais, écossais, espagnol, ukrainien, américain, algérien, pieds noirs ; et même recomposés, avec des enfants issus du Maroc, de Syrie, d’Allemagne ; et même bretons, corses, provençaux et parisiens ! Et aujourd’hui retraités, les nouveaux grands-parents regardent fièrement tout ce monde, à 50 kilomètres de Vitrolles.

 

Les familles de nos aïeux mélangèrent leurs passions, leurs croyances, leur vie, leurs opinions, changeantes, parfois avec force coups de gueule, surtout pendant l’époque cruciale où la décolonisation associée à la consommation de vins locaux rythmaient les repas familiaux.

 

Oui, les adultes se disputaient, mais les différences étaient des forces, et les étrangers des hôtes. Hôtes économiques, intellectuels, militaires, familiaux. Ca gueulait, mais ça riait tout autant.

 

Le rappel douloureux de l'histoire du XXe siècle

 

L’identité française s’est forgée dans ce creuset-là. Et quand notre grand oncle, plus vieux maire de France, élu le plus longtemps, prenait la parole, c’était toujours pour trouver une solution, jamais pour désigner un bouc émissaire. Il avait connu toutes les guerres, et il est mort après avoir mené sa dernière contre un incendie, pour défendre son village, à 93 ans. Il était élu d’un village du Var, à 50 kilomètres de Brignoles.

 

Il était né l’année où Lucien Herr, bibliothécaire de l’École normale supérieure, mettait la France en garde contre les excès de la doctrine social-démocrate russe à tendance bolchevique, et celle, nationaliste allemande, qui préfigurait, dès 1870, les futures boucheries du XXe siècle. Lucien Herr, avait compris que face aux social-démocraties sans projet, les extrémismes doctrinaires finiraient par s’imposer et par ensanglanter l’Europe.

 

C’est pourquoi son combat fut de convaincre Jaurès, Zola, Blum, Peguy, Clémenceau, de montrer une autre voie, celle d’une gauche de conquêtes, républicaine et laïque, déterminée à faire de l’humanisme et du lien social ses axes politiques.

 

Hélas, Lucien Herr ne fut prophète qu’en son pays : l’Allemagne et la Russie allaient devenir les axes d’un mal qui fit plusieurs centaines de millions de morts, avec des armes pourtant conventionnelles, durant la première partie du siècle dernier.

 

Sortir de l'ignorance, ouvrir de nouvelles conquêtes

 

Cent ans plus tard, aujourd’hui, nos vieilles démocraties européennes, exclusivement gestionnaires, forgent les nouvelles armes de destructions massives, mises entre les mains des populistes de droite et de gauche qui prospèrent en Europe, les uns stigmatisant les étrangers (à quoi ?) et les autres cherchant dans de vaines références passéistes un espoir sans espoir.

 

Alors, aujourd’hui, cent ans après, il est temps de sortir de l’ignorance et de comprendre, et de montrer, la chance que nos aïeux ont eu, dans une Europe exsangue, d’être différents, donc complémentaires.

 

Oui, il est temps d’ouvrir de nouvelles conquêtes, humanistes, sociales, solidaires, transculturelles, laïques, internationales et bienveillantes. Car c’est ainsi qu’on mettra fin à la propagation galopante du racisme ordinaire, qui irrigue et contamine, chaque jour davantage, notre société en quête de repères.

 

Sinon, notre arrière-grand-père aura donné sa vie pour rien, à 50 kilomètres de la Ligue du Nord.

 

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En mémoire de Papi Henry, Mamie France, Papi Aimé et Mamie Yvonne, Tonton Marco et Tonton Maurice, nés il y a un siècle, qui ont connu les pires horreurs sans perdre l’espoir, l’enthousiasme et l’amour des autres. Et à Emmanuelle, Nora, Veïss, Fannie, Simon, Alice, Lylia, Maroussia, Louise, Chiara Maria, Flora, Valentine, Lucia, Souad, Séraphine, Mathew, et Nina, nos enfants, pour que nous leur léguions un monde joyeux, libre et fraternel.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/970698-populisme-racisme-l-identite-francaise-est-menacee-par-la-betise-et-l-ignorance.html
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L'individu egotique, l'information egopète !

2 Septembre 2014 , Rédigé par Pierre Establet

Cui cui, les carottes oui, sont cuites ! Tweet, like, followers, blog, toutinfo, post, wiki, Instagram et collégram... en moins d'une micro seconde, la planète sait tout de vous. Tout. Et rien. On parle des Grandes Oreilles de la NSA ? De Snowdenisation des esprits... Que peut bien retenir une Grande Oreille, s'il n'y a pas un Grand Cerveau derrière... Combien de milliards d'informations inutiles, mais d'apparence brillantes, sont publiées en un instant ?

J'aimerai biens avoir ce que pense la NSA de mes échanges mail avec les amis, la famille, les enfants ... "C'est chaud à Pondichéry, le Hollande était tout mou"... Information essentielle ? Pondichéry... Hollande... Crise internationale ? Est-ce Hollande, le pays, ou bien Hollande, le Président ? Et bien non, c'était un vieux bout de fromage qui trainait dans le frigo... Ils en font quoi les américains de ça ? Ils le montrent à Barak Obama ? "Attention, POTUS, y a une crise en France entre Frâânsouaaat Houlland' et l'Inde ?"... Fuckin' time...

Mais qui écrit ? Qui publie ? Qui post à tire larigots ? Nous, vous, moi, ils. Tout le monde dit en 140 signes ce que Pascal, ou Rousseau, ou Voltaire, sans Zadig, disaient dans toute une oeuvre, dans toute une vie, ... 140 signes pour dire quoi ? Pour dire rien. De la dépêche d'agence personnelle, de l'égo information. Alors, hein...

Ahhh et... Internet bride notre liberté individuelle (incroyable, pour un outil libre, non ?), verrouille notre intimité à des marchands... Oui, ils le disent, ils le pensent, et même ils l'écrivent ! Ils osent tout ! Comme disait Audiard, en moins de 140 signes "c'est même à ça qu'on les reconnait" !

Que vont faire les marchands de tout ça, à part encombrer nos boites mails de pub que personne ne prend même le temps de détruire ? Ils vont nous géolocaliser ? Hou là là... Des marketeurs vont venir à la maison porter des produits pour que je les achète ! Ca c'est du marketing, coco... pas de bol, j'ai la passion des armoires Normandes, des éléphants et des vieux frigidaires... et je vis au 8ème étage, sans ascenseur... Va falloir qu'il soit costaud le marketeur...

 

Finalement l'urgence de publier sa vie, ses envies, son avis en continu est sans doute le meilleur moyen de lutter contre l'usage que les malfaisants feront de nos données ! Ca sert à rien, ça peut même être une source de stress, mais, au moins, ça va noyer les esprits voyeurs et aml intentionnés dans un tsunami de Terra Giga Bit ! Pour rester poli, bien entendu !

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La communication, un outil de management

23 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre Establet

Image : DP News

Construire une stratégie de la communication et la mettre en œuvre, au service du management de l'entreprise. Évaluer, analyser, faire émerger des contenus, s’appuyer sur l’interne pour promouvoir à l’extérieur, garantir cohérence et homogénéité des actions de communication, donner une identité fédératrice et partagée, s’appuyer sur l’image et la culture de l’entreprise pour asseoir sa notoriété. Planifier sans contraindre, associer. Innover sans s’en satisfaire.

Aussi est-il temps, plus que temps, même, de passer d'une communication supplétive du marketing à une communication intégrée à la structure de l'organisation. Au risque de se voir dispersée dans un tas de fonctions opérationnelles, sans réelle stratégie, la communication doit proposer une vision globale, systémique, de son rôle, de son action et de son implication quotidienne.

C'est pas gagné, tant la culture de segmentation imprègne nos communicants, formés par étapes successives de chefs de produits, étape clef où ils se spécialisent déjà dans l'une des disciplines de la communication, à Directeur de clientèle, dont les objectifs deviennent clairement commerciaux. La transversalité s'exerce dès lors au niveau de la Direction Générale, au pire, et de la Direction Conseil, au mieux. Mais combien de temps un  DG ou un DC peut-il consacrer durablement à un client sans facturer des honoraires astronomiques ?

La segmentation est donc devenu la forme taylorisée de la communication contemporaine, un peu comme dans un atelier de mécanique, il y a le carrossier, l'électricien, le préposé aux éléments roulants, celui qui vérifie les éléments de sécurité, etc. Au bilan, mise à par des démarches qualités, qu'est-ce qui garantit qu'il y a une vision globale de l'entretien du véhicule ? Rien. Et pour réparer deux éléments d’une voiture, il faut parfois faire deux arrêts au stand !

On en est là !

Qui a une vision event est-il capable ou susceptible d'avoir une vision relation presse ? Qui connaît l'influence sait-il concevoir, ou même imaginer un support éditorial ? Et même, qui sait faire un site web sait-il écrire un papier en 1500 signes ? Et pourtant qui peut décemment dire qu'il faut superposer des actions de communication sans avoir une vision globale de ses effets ? Et encore, je ne parle même pas d’évaluation…

Les agences sont organisées en « pôles ». Pôle Web, Pôle RP, pôle relation presse, pôle event, pôle print, influence, réseaux sociaux, … Et les services de communication leur ont emboîté le pas. Comme les métiers de la communication sont supposés ne jamais se croiser sous un même toit que ceux de la presse, le mur de l’incompréhension grandit entre ceux qui voudraient convaincre, mais sont perçus comme des publicitaires, et ceux qui voudraient enquêter et qui sont perçus comme des inquisiteurs. On pire, des commentateurs !

Segmentation des outils, segmentation des métiers, apartheid entre communication et information… On peut même se demander s’il n’y a pas là une forme de volontarisme managérial pour diviser, et, comme le voudrait l’adage, mieux régner.

Mais pour combien de temps ? Combien de temps un règne s’exerce t’il ? Si l’on excepte quelques grands patrons mythiques, le renouvellement des dirigeants des grands groupes est permanent, leur durée courte, en tout suffisamment pour qu’on ne puisse leur attribuer les effets – positifs ou négatifs – des stratégies qu’ils conduisent.

Il est donc urgent de revisiter notre métier, d’en comprendre les ressorts profonds, au-delà des aspects purement opérationnels, même s’il convient de les analyser eux aussi, de concevoir un véritable état de l’art, une doctrine, en débattre, échanger, se confronter, et faire émerger des pistes de progrès et d’avenir, et de ne pas s’en satisfaire. Chaque année sur le métier remettons l’ouvrage !

A défaut, les communicants deviendront soit des donneurs d’ordre soir des preneurs de commande. Plus ou moins créatifs, plus ou moins efficaces, sans qu’on connaisse en vérité la raison de cette efficacité.

La Communication doit (re)devenir un élément intégré de la stratégie de l'entreprise, se mettre au service de son objectif mais aussi participer à le définir. A leur des "influenceurs", vrais ou faux, de l'agitation des réseaux sociaux, de l'hyper exposition etc de la décroissance de l'influence des médias traditionnels, le rôle du Directeur de la Communication prend encore plus de sens. 

 

 

 

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